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Sugus ®

Sugus ®

In sintesi

Le Sugus (marque déposée) est un bonbon aux arômes de fruits très populaire en Suisse. L’origine du terme est incertaine. Il aurait été inventé dans le but de donner à ce bonbon un nom ludique, facilement prononçable dans toutes les langues européennes, lisible de droite à gauche aussi bien que de gauche à droite. La première syllabe "su" le rapproche également de l'entreprise qui a lancé le produit en Suisse: Suchard.

Descrizione

Bonbon à l'arôme fruité. Forme: parallélépipède. Dimensions: base: 1x2 cm; hauteur: 0,5 cm. Couleur: rose, blanc, vert, selon le parfum. Poids: 4 g pour ceux emballés en barrette et 7 g pour ceux en sachet.

Varianti

Variante de sugus sans sucre: édulcorants sirop de maltitol, mannitol, huile végétale, acidifiant acide citrique, gélatine, jus de fruit concentré, émulsifiants, lécithine, arômes, édulcorants aspartame, colorants.

Ingredienti

Sucre, sirop de glucose, matière grasse végétale hydrogénée, gélatine, gluten, acidifiant acide citrique, jus de fruits concentré 0,5% (fraise, ananas, orange, citron), arômes, émulsifiant lecithine, colorants (E162, E160a, E160e, E163). Peut contenir des traces de lait et de fruits à coque.

Storia

Les bonbons Sugus ont été introduits en Suisse par la célèbre entreprise chocolatière Suchard, fondée en 1825 à Neuchâtel et à Serrière (NE). Les données présentées ci-dessous ont été recueillies en dépouillant le fonds Suchard conservé aux Archives de la ville de Neuchâtel, mais aussi auprès des producteurs actuels et à travers des témoignages oraux.  

La première mention écrite concernant le Sugus se lit dans un procès verbal de conférence de direction de l’entreprise Suchard, daté du 20 mai 1931: " Caramels " Sugus " Cracovie. Le fabricant de cet article donnerait licence moyennant versement de £. 500 et une redevance de 6% sur les ventes. L’article semble intéressant pour la vente en Suisse. Une décision sera prise le 31 crt. » Selon le directeur de l’époque, M. Lichti, la fabrication a commencé dans cette usine peu de temps auparavant; il affirme ainsi dans une interview réalisée en 1951: " Notre succursale Suchard à Cracovie (…) fabriquait depuis 1929, sous licence, un bonbon d’origine anglaise, absolument différent de tout ce qui existait sur le marché." 

L'introduction d’un bonbon aux fruits dans l’assortiment prestigieux de la maison Suchard n’est pas vue d’un bon œil par tous les dirigeants de l’entreprise. Mais l’industrie chocolatière est alors en crise, et l’entreprise cherche à diversifier son offre afin d’empêcher des fortes pertes ou des licenciements. L’introduction d’un bonbon aux fruits, rafraîchissant, est aussi pensée par rapport au fait que la consommation de chocolat est de toute façon moins forte en été. Ainsi Suchard communique-t-il le lancement de ce bonbon aux détaillants: "L'effort fourni par vous [les commerçants] et par nous (...) doit nous permettre de trouver un équivalent pour notre chiffre durant les mois d'été" (1931). D’une certaine manière, Suchard parvient à rester sur un créneau haut de gamme: à l'époque un caramel anodin coûte environ 1 ct alors que les paquets de 8 Sugus sont vendus à 20 cts (soit 2,5 cts la pièce). Le succès est pourtant immédiat, il s'explique en partie par la promotion publicitaire massive mise en place dès le début.  

Une recette provenant de Cracovie et datée du 19 juin 1931 est conservée aujourd’hui au fonds Suchard; c’est la plus ancienne dont on dispose. Les ingrédients sont les suivants: 17 kg de sucre, 15 kg de sirop, 3 kg de graisse d’arachides, 3 kg de gomme spéciale, 0,350 kg d’acide tartrique et un peu vanilline. Au début, il y a quatre saveurs: ananas, framboise, citron et orange. Les bonbons sont emballés avec un double papier qui ne colle pas, dans des étuis contenant huit pièces. En 1934, on introduit le Sugus à la menthe. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, la production et la vente de Sugus ne s’arrêtent pas, malgré les difficultés liées au rationnement et aux limitations des importations.  

Après la guerre, Suchard lance des filiales et leur accorde des licences pour la fabrication en Argentine, en Belgique, en Italie, en Afrique du Sud, en France, en Espagne, au Portugal, au Mexique, en Allemagne, en Thaïlande, en Autriche, en Indonésie et au Brésil. Un document datant de 1952 expose les arguments de vente de Suchard pour convaincre les Nord-Américains: les Sugus seraient idéaux pour les soldats grâce à leur apport en sucre et à leur pouvoir désaltérant. Mais on sait par ailleurs que, dans les années 1970, les tentatives d’implantation au Canada et aux Etats-Unis échouent à cause d’une forte concurrence de produits similaires; dans ce contexte, le prix de vente relativement élevé ne permet pas au produit de se développer.  

Dans les années 1980 et 1990, Sugus se diversifie afin de mieux coller au marché. Le Sugus au cassis est lancé en 1980; et le Sugus sans sucre en 1988. Le goût framboise est abandonné en 1993, remplacé par la fraise. Cette année-là, la fabrication des bonbons vendus en Suisse est déplacée de Serrière (NE) à Reims, en France, où la recette des célèbres bonbons est modifiée. Pour l’entreprise (qui en 1993 fusionne avec Kraftfood, à l’intérieur du groupe Philip Morris) il s’agit de plaire davantage aux enfants, supposés amateurs de bonbons plus mous. L’événement ne passe pas inaperçu, et il est encore dans les mémoires de tous les amateurs qui ont vécu ce changement. Il est relaté en des termes peu amènes dans un article paru dans Handelszeitung en 1997, et intitulé "Anpassung an den Zeitgeist". Celui-ci résume assez bien l’avis des nostalgiques: "Das Geduldszeltli ist, so das Verdikt einiger Probanden, "zu einem etwas aufgeblasenen Mocken geworden, den man in den Mund steckt, einmal zubeisst, zweimal kaut und dann an die Verdauungsorgane weiter gibt." Ces nostalgiques n’ont pourtant pas le dernier mot: le bonbon " nouvelle mode " continue de se développer dans les années qui suivent. La marque Sugus a été vendue en 2005 à la Wm. Wringley Jr. Company. En 2007, des nouveaux Sugus aux " saveurs locales ", „Tree Fruits“ (pomme, poire, cerise et pêche) ont vu le jour. 

Produzione

Le mode de fabrication des Sugus est tenu secret par le fabricant actuel. Nous ne disposons de détails que pour les bonbons fabriqués avant le changement de 1993.  

Dans la recette de 1931, dont nous avons listé les ingrédients et leurs proportions plus haut, le processus de production est détaillé. Nous le résumons ici. Fondre le sucre, l’ajouter au sirop et cuire le tout entre 100° et 110° Réaumur (entre 80° et 88° Celsius). Verser ensuite dans un autre récipient et y ajouter la graisse d’arachide et la gomme: brasser quelques minutes jusqu’à obtention d’une masse homogène. Verser sur une table pendant quelques instants et puis sur la machine à étirer; travailler la masse sur cette machine pendant 25 minutes. Au bout de quelques minutes, extraire 2-3 kg de la masse à laquelle on ajoute l’acide tartrique, l’essence et la couleur. Pétrir les petites portions de masse et ensuite les rajouter au reste. Poser la masse étirée sur une table tiède et découper en plaques de 30x30 cm, d’une hauteur de 8 mm. Lorsque les plaques ont refroidi, passer à la machine à découper.  

Un document de 1984 conservé dans le fonds Suchard aux Archives de la Ville de Neuchâtel montre un schéma pour la fabrication des Sugus. Les ingrédients de base, jus de fruits, arômes et colorants sont mélangés avec du sirop et de l'acide citrique. La pâte est ensuite battue et tempérée, puis formée en bonbons qui sont finalement emballés.  

Au début les Sugus étaient emballées en double papier, carré. Ensuite, vers les années 1980, on a introduit un emballage " à papillon ". Les Sugus ont changé de goût, mais aussi de forme. Avant 1993, ils étaient plus carrés et moins épais. Les Sugus qui se rapprochent de la forme originale sont ceux emballés en barrette.

Consumo

Ces bonbons peuvent être consommés n’importe quand, mais en principe pas pendant les repas. Ils sont très populaires auprès des enfants. Les petits paquets de 5 sugus vendus pour 10, 20 puis 50 centimes dans les kiosques font depuis longtemps partie des premiers achats que les enfants font avec leur propre argent, sur le chemin de l’école...

Importanza economica

En 2007, l'entreprise a vendu en Suisse environ 500 tonnes de Sugus, ce qui équivaut approximativement à 700 millions de pièces. Ces bonbons sont vendus en grandes surfaces dans toute la Suisse et aussi dans quelques kiosques et stations service. Au supermarché, on peut acheter des Sugus pour environ 1,50 francs les 100 g (2008).

... ed inoltre

Tout comme le goût, la mascotte de Sugus a changé. Il s’agissait autrefois d’un petit-bonhomme noir dont le buste était un Sugus. Celui-ci a été remplacé dans les années 1980 par un petit singe, probablement pour des raisons éthiques.  

Même dans ses formes traduites, le nom de ce bonbon est spécial. En Chine, on l'appelle en cantonais soey-si-tong ou en mandarin rui-shi-tang, termes qu'on peut traduire par "caramel suisse" (soey/rui-shi : Suisse; tong/tang: caramel). La particularité du nom choisi pour Sugus en Chine est sa double signification: en effet les idéogrammes soey en cantonais et rui en mandarin signifient littéralement "propice, faste, heureux". Le deuxième idéogramme (si ou shi) est homophone avec l'idéogramme qui signifie "chose, fait". Sugus est donc un "bonbon qui amène des événements chanceux, qui porte bonheur". A l'instar d'autres bonbons aux noms porte-bonheur, les Sugus en Chine sont consommés au Nouvel-An chinois en signe de bon augure.

Fonti

  • De Félice, Fortuné-Barthélemy,   Encyclopédie d'Yverdon, ou Dictionnaire universel raisonné des connoissances humaines,   Yverdon,   1770-1776.  
  • De Capitani, François,   Soupes et citrons. La cuisine vaudoise sous l'Ancien Régime,   Éditions d'en bas,   Lausanne,   2002.  
  • Favre, Joseph,   Dictionnaire universel de cuisine pratique,   Omnibus,   2006.  
  • Fonds Suchard,   1931-1990.  
  • Nussbaum, Claire-Aline et Laurant Tissot(dir. et coord.),   Suchard : entreprise familiale de chocolat, 1826-1938 : naissance d'une multinationale suisse,   Ed. Alphil,   Neuchâtel,   2005.  
  • https://www.mars.com/switzerland/de/index.aspx,   Juin 2017.  
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Epicentro di produzione

France.

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